Une nouvelle définition

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Une nouvelle définition

QUESTION DU JOUR – Avez-vous déjà affirmé que vous partiez en voyage pour déconnecter ? Pour peser sur le bouton pause ? Pour décrocher de la réalité ? On est branché, on fait partie d’un circuit qui ne s’arrête jamais. Un courant qui fait rouler la cassette beaucoup trop vite. On vit en mode accéléré, on ne pèse même plus sur le bouton ”play”. Une course continue. On est épuisé. On manque de temps. On souhaite s’arrêter, le temps de respirer un peu. Ce n’est pas pour rien qu’on part en voyage pour déconnecter du monde, pas vrai? Mais si je vous disais qu’il y a plus, qu’on se trompe peut-être dans notre définition du voyage…

Partir loin. Aller là-bas. Être ailleurs. Ça devient un besoin essentiel. On s’accroche au besoin de partir [pour décrocher]. J’ai utilisé le terme décrocher jusqu’à mon tout dernier voyage. Je m’étais dit que je partais pour me récompenser d’avoir terminé l’université. Que ça me permettrait de décrocher de la routine avant de passer l’été à travailler. Ma session d’école n’était même pas finie que j’embarquais dans l’avion. Ciao Bye, je m’évade !!

Mais la perspective m’a bien vite mise de nouvelles lunettes et j’ai vite appris que partir pour déconnecter s’éloignait grandement de ma définition de voyage.

Lorsqu’on est ailleurs, on tend à s’écouter beaucoup plus. On mange quand on a faim.  On s’étend et on se repose lorsqu’on est fatigué. On fait ce qu’on veut. On est serein. On reflète. On se ressource.

Quand la tête et le coeur ne font qu’un, le conflit cesse. Le vacarme laisse place à un silence qui permet d’être un tout. On ne forme qu’un [avec soi] et c’est là qu’on s’écoute.

Être en terre étrangère, loin de tout ce qui m’est familier m’a fait remarquer à quel point je m’éloignais d’un voyage qui me ferait déconnecter. Au contraire, j’était connecté à la nature, aux gens qui m’entouraient mais surtout, j’étais connectée à moi.

L’intensité de la chaleur et du soleil dictaient mes journées. J’avais toutes les intentions d’aller me perdre des heures dans les temples d’Ankgor à Siem Reap ou bien de marcher toutes les rues de Phnom Penh mais le soleil d’avril en Asie chamboula un peu mes plans. J’ai dû m’adapter. Je me levais plus tôt pour profiter de la ”fraîcheur” du matin afin de partir explorer (à noter qu’à 5H du matin, il faisait 30 degrés Celsius). Par midi, je finissais allongée sur mon lit à l’air climatisée ou dans la piscine. Puis, venu 17H, le soleil quittait tranquillement le ciel laissant place aux happy hour et aux social-gatherings. 

Être en Asie, pour la première fois, m’a fait réalisé que le voyage permet et facilite les connections aux gens autour de soi. L’absence d’une langue commune m’a permis d’établir des liens de différentes manières; que ce soit sous forme de sourires ou sous multiples tentatives de conversations mimées. L’écoute et l’observation du rythme de ces nouvelles langues m’ont permis de me faire comprendre, la plupart du temps, et réussissait à m’emmener à bon port.

Puis, il y a ces journées passées à sillonner les collines du Laos ou encore à longer la côte des îles en bateau. Ces journées passées à me poser trop de questions, ou pas assez, je ne sais pas..!, à ces moments de réflexion et à ces instants où je ne pensais à rien et où je ne faisais qu’absorber la beauté des paysages. Ce sont ces instants où, même si la réalité, à quelques reprises, voulait que je sois entassée dans un minibus avec 10 autres personnes, j’étais seule. J’étais bien. Le coeur rempli et la tête vide de préoccupations, c’était ça mon bonheur. C’était ça mon voyage. Ça et encore plus.

Voyager pour s’évader ou se déconnecter, ce n’est pas faux. Mais voyager pour s’accrocher à notre réalité, pour se connecter à la nature, aux cultures, aux peuples…à soi, quelle aventure !

By | 2016-10-11T20:24:25+00:00 May 23rd, 2016|FRANCAIS, REFLEXION|0 Comments

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