Perdre 100lbs – Mon histoire

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Perdre 100lbs – Mon histoire

Quand j’vais perdre 20 livres j’vais être heureuse. Supprime la photo s’il te plaît, j’suis pas belle dessus. J’fais un 30 jours sans alcool. Perdu 10 livres en 1 mois, j’en gagne 5 en 1 semaine…peu importe le chiffre sur la balance, c’était jamais assez. Mon humeur était la réflexion même de cette lutte continue entre la balance, moi, la paire de jeans et le miroir. Puis, un jour, j’en ai eu assez. J’ai tout étalé sur mon lit, et j’ai décidé de ne prendre que la moitié…

C’est un poids fixe. Tu dois rentrer dans la norme. 10 livres de trop et on te le fait remarquer.  Pas pour rien qu’il y a des milliers de sites web, d’articles, d’astuces et temps consacré à ce sujet. On se crée un plan, on se fait des listes, on discute entre nous: qu’est-ce qui a fonctionné pour toi? Comment t’as fait? WOW! 50 livres/3 mois, explique…

Pendant longtemps j’ai cru qu’une baisse du chiffre sur la balance mènerait à mon bonheur. Que mes soucis seraient réglés, que la confiance reviendrait, que j’arrêterais de me questionner, de me re-questionner et de me questionner encore plus.

Puis, Facebook est arrivé avec ses souvenirs du jour ! Je les regarde quotidiennement. Je passe par une gamme infinie d’émotions. Je ris à grands éclats. Je suis nostalgique. Je supprime (mais pourquoi j’ai écris ça?). Je sauvegarde quelques publications. Puis, je m’arrête. Je vois là, une adolescente, une jeune femme qui, malgré le sourire plaqué jusqu’aux oreilles, en fait, ne faisait que peindre une image pour satisfaire son public. Le chiffre sur la balance était si bas dans ce temps-là, pourtant, j’étais si triste. Si fâchée. Si mal dans ma peau.  Je ne peux qu’en venir à me demander: pourquoi j’étais si dure avec moi-même ?

Être dur avec soi…

Je suis un livre ouvert. Mes yeux sont fenêtres. Quiconque est assez curieux ou souhaite me connaître, possède une place de premier rang afin de savoir ce qui se passe à l’intérieur. Mais, que se passe-t-il quand le regard est vide?  Fut un temps où j’étais perdue. Aucun point de repaire pour me guider. Je n’étais plus capable de me regarder alors je mettais des draps sur mes miroirs. Alors que le soleil était frappant à l’extérieur, je fermais mes rideaux. Je ne pleurais pas. Je ne riais pas. Je respirais. Tout simplement. Je ne savais plus qui j’étais. Ce que je voulais. Où j’allais. Complètement débousselée.

C’est ironique puisque, pour me retrouver j’ai dû me perdre.

Comment peut-on être si vide et si lourde à la fois ? Pourquoi se rajoute-t-on autant de poids sur les épaules ?  Le parcours qui s’annonce possède déjà ses difficultés, ses hauts et ses bas; il y a des bouts plus exigeants que d’autres, et ça, ça ne changera jamais, c’est la vie! Mais quand on a le poids du monde sur les épaules, on ne se rend pas la vie facile. La marche devient misérable voir impossible. Les bouts plus faciles du parcours deviennent plus longs et plus douloureux. De peine et misère, on rejoint notre objectif mais on se questionne constamment à savoir si ça en valait la peine ou si on ne devrait pas rebrousser chemin. La tête baissée, noyée d’idées noires, on ne pense qu’à abandonner. La randonnée n’est plus aussi plaisante et on ne prend même plus le temps d’admirer ce qui nous entoure. Quel gaspillage !

En 2011, je me suis perdue dans les rues de Barcelone. Je me sentais légère. Ce fut 2 mois de bonheur à l’état pur. Cependant, dès mon retour, ce poids sur mes épaules, sur ma tête, sur mon coeur se faisait sentir à nouveau. Moins lourd mais présent, toujours présent.

En 2013, je me suis perdue en voyageant de l’Irlande à l’Espagne. Encore une fois, je flottais. Légère comme tout. C’est là que je me suis arrêtée. Billet d’avion qui me ramenait à la réalité en main, je me suis mise à angoisser. J’avais mal au coeur. J’avais peur. Peur de retomber les deux pieds sur terre. De me retrouver face au drap sur le miroir…

Ils disent que pour vaincre sa peur, il faut y faire face. J’ai donc, à deux mains, retiré le drap. J’ai vu une jeune femme aux yeux bleus, sourire aux lèvres et au visage teinté par les rayons du soleil. J’étais face à moi.

J’ai ensuite, vidé mon sac à dos. J’ai fait du ménage dans mes baggages. Du rangement dans ma vie. Et, petit à petit, le poids sur mes épaules a diminué.

Vivre, c’est avoir la conscience d’être […] Ceux qui vivent sont ceux qui luttent

Victor HUGO

En 2016, cette année, je suis partie me perdre dans les vallées du Laos. Je me suis perdue dans le chaos de Bangkok et sur les plages des îles du Cambodge. 50 lbs c’est souvent le maximum de poids pour nos baggages. Auparavant, je dépassais la limite et j’en payais le prix. Mais avec le temps, les expériences et les leçons de vie, j’ai appris à amener avec moi que le strict nécessaire. Le reste, c’est du luxe ou de l’excès; inutile à ma survie. Mon sac sur la balance pèse 28 lbs. Je suis loin de la limite. J’ai même encore de la place. Mais je suis bien avec ce poids là. Peut-être que j’aurai à rajouter des choses qui deviendront nécessités plus tard. Peut-être que j’aurai à en enlever car ce ne sera plus nécessaire. La vie change. On change. Le contenu de nos baggages changent avec nous.

Perdre du poids ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ça prend du temps, de la patience mais surtout de la persévérence.

Voilà comment j’ai perdu 100 lbs. De poids sur mes épaules. Du poids que j’avais sur le coeur. Dans ma tête.

C’est mon histoire, du moins, une partie.

M xx

PS. Désolée à ceux qui s’attendait à une recette miracle pour une perte de poids ou qui souhaitaient avoir des trucs ou astuces. Pour ne pas vous décevoir complètement, voici le meilleur truc: manger sainement, faire de l’exercice et s’attendre à ce que ça prenne du temps, de la patience mais surtout de la persévérence. xo

 

 

 

 

By | 2016-11-01T11:36:40+00:00 November 1st, 2016|FRANCAIS, REFLEXION|0 Comments

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